Support psychologique

Le concept d’aliénation parentale est maintenant largement documenté et publié par des experts de nombreux pays. Cependant, il est un sujet méconnu de la population et des professionnels de tous les milieux et demeure malheureusement un sujet tabou. Pour un parent ciblé, il est impératif de s’éduquer sur le sujet afin de reprendre son pouvoir d’action et agir pour le mieux-être de son enfant et de sa relation avec lui.

 

Définition

L'aliénation parentale, c'est...

L’aliénation parentale se décrit comme un phénomène familial dans lequel un des parents se livre à des comportements aliénants, programmant l’esprit de l’enfant afin de favoriser chez lui le rejet injustifié et la désaffection à l’égard de l’autre parent.

Les deux conditions suivantes doivent être présentes simultanément pour parler d’aliénation parentale dans une famille :

  1. Un des parents utilisent des comportements aliénants afin d’exclure l’autre parent de la vie de l’enfant, et cela, de façon injustifiée.
  2. Le processus entraîne une détérioration de la relation entre l’enfant et le parent ciblé, voire une rupture de la relation.

Il est important de comprendre que l’enfant participe au phénomène d’aliénation parentale, bien malgré-lui. En effet, l’enfant peut croire que sa relation avec le parent ciblé est nuisible pour lui et observe des gains significatifs à être plutôt en alliance avec le parent aliénant.

Voir des exemples

 


* Publié par la Chaire de partenariat en prévention de la maltraitance, 2014

L'aliénation parentale, ce n'est pas...

Différentes problématiques se rapportant au phénomène d’une séparation conjugale peuvent se rapprocher ou s’apparenter à la problématique d’aliénation parentale, sans toutefois en être.

Les degrés d'aliénation

Le degré d’aliénation de l’enfant se mesure en trois stades : léger, moyen et grave, en fonction de l'accentuation des rejets du parent ciblé.

Stade léger
Les visites chez le parent ciblé sont calmes et la campagne de dénigrement sont rares ou discrètes.
Stade moyen
La campagne de dénigrement s'intensifie au moment du changement de résidence parentale et les arguments sont de plus en plus nombreux et frivoles pour ne pas aller chez le parent ciblé. Mais l'enfant accepte d'être totalement coopératif une fois séparé du parent aliénant, et après une période de transition.
Stade grave
Les visites sont carrément impossibles chez le parent ciblé et l'enfant partage les fantasmes paranoïaques du parent aliénant. Si l'enfant reste chez le parent ciblé, il peut y être paralysé par des peurs, faire des fugues ou mettre en péril son séjour par des comportements destructeurs.

 

Comportements

Parent aliénant

La Chaire de partenariat en prévention de la maltraitance de l’Université Laval a mis en place une trousse de soutien à l’évaluation du risque d’aliénation parentale. Sans être un outil diagnostique, l’inventaire d’indicateurs d’aliénation parentale est conçu pour aider les professionnels à rassembler leurs observations quant aux comportements aliénants des parents, de même qu’aux réactions comportementales des enfants. Le cumul d’indicateurs aide à évaluer l’ampleur du risque d’aliénation parentale.

Pour un parent ciblé, cet outil permet de faire l’inventaire de sa situation en identifiant les actions ou attitudes de l’autre parent et en connaitre l’ampleur afin de prendre action. 

 


* Publié par la Chaire de partenariat en prévention de la maltraitance, 2014

Enfant aliéné

Lorsque exposé aux comportements aliénants du parent, certains enfants peuvent éventuellement rejetés de façon injustifiée le parent ciblé, et c’est à ce moment que l’on dira qu’il est aliéné.

Le psychiatre Richard Gardner, a introduit le concept de “Syndrome d’aliénation parentale (SAP)” dans les années 1980. Bien que le SAP n’a jamais fait l’unanimité, le concept d’aliénation parentale (AP) est utilisé et largement accepté.

Il existe huit comportements qui sont des critères décisionnels maintenant largement utilisés pour aider à identifier l’enfant aliéné:

  • l'enfant dénigre un parent;
  • pour expliquer ce dénigrement, il donnera des raisons absurdes et frivoles;
  • il le fait avec un manque total d'ambivalence;
  • il prétend que personne ne l'a influencé, c'est le phénomène du «penseur indépendant»;
  • l’enfant se présente comme le soutien, le «champion» du parent aliénant;
  • il y a absence totale de culpabilité par rapport à l'exploitation ou à la «mise à mort» psychologique du parent rejeté;
  • l'enfant emprunte des propos et des scénarios adultoides;
  • son animosité s'étend sur l'ensemble du monde du parent rejeté : famille élargie, nationalité, filiation, etc.

Il est important de noter que, contrairement aux cas d’aliénation parentale, un enfant abusé tient malgré tout à son abuseur s’il s’agit de son parent. Les enfants sont prêts à se taire pour ne pas perdre ce lien. Ce n’est pas du tout le cas dans l’aliénation parentale. Pour ces enfants, l’absence de contact est un soulagement. En effet, le contact les met dans un conflit de loyauté extrêmement angoissant pour eux. Ils sont incapables cependant de formuler pourquoi en termes clairs et rationnels.

 


 

Conséquences

L’aliénation parentale sévère a l’effet d’un boomerang ou d’une bombe à retardement. Dans la majorité des cas, les enfants donnent l’impression d’être bien dans leur peau et équilibrés. Les symptômes n’apparaissent que bien plus tard, à l’autonomie. Ces effets à long terme, décrits par plusieurs experts, engendrent de nombreux symptômes pathologiques dont le dénominateur commun tend vers la difficulté d’établir un lien social.

Parmi les troubles, on observe :

  • Des déchirures ou des clivages dans leurs relations
  • Des difficultés à nouer des relations intimes
  • Une faible confiance en eux
  • Un déficit dans la capacité de gérer la colère ou un conflit dans leurs relations personnelles
  • Des symptômes psychosomatiques et troubles du sommeil ou de l’alimentation
  • Une vulnérabilité psychologique et dépendance
  • Des relations conflictuelles avec les personnes détenant l’autorité
  • Sentiment malsain d’avoir le droit de se mettre en colère sans prétexte valable qui mène à un clivage social en général
  • De la culpabilité consciente ou non, d’avoir écarté son autre parent.
  • Et enfin, être plus à risque de reproduire ce modèle, en devenant à leur tour un parent rejeté.

 

Réconciliation

De sa recherche et des histoires de réconciliation, Dr. Baker* a pu extraire les catalyseurs qui ont joué en faveur du retour à une relation avec l’enfant aliéné. Il n’est pas vraiment possible de savoir quel ou lesquels des catalyseurs pourront faire une différence mais il existe de multiples occasions pour passer de l’aliénation à la réconciliation.

http://alienationparentale.ca/fr/comprendre/