Forêt de Saoû

Saoû : une forêt départementale

Le Conseil général de la Drôme a signé le 29 juin 2007 la « Charte d’utilisation partagée de développement durable de la forêt départementale de Saoû » avec 47 autres signataires
dont des collectivités territoriales, des partenaires institutionnels, des partenaires associatifs, des partenaires signataires de conventions spécifiques et des personnes qualifiées.

L’initiative fait suite à l’acquisition en décembre 2003 de la Forêt de Saoû par le Département.

La préservation des qualités écologiques de ce site exceptionnel représente un des enjeux majeurs pour la collectivité. Il s’agit d’offrir un domaine public accessible à tous, dans le respect des aspirations de chacun.

La charte pose donc les principes d’une gestion durable et concertée de la Forêt départementale de Saoû, orientée vers la préservation des patrimoines et la mise en valeur raisonnée du site. Les signataires s’engagent à faire respecter ces fondements.

Le village de Saoû

Village perché, village blotti, Saoû est au pied du plus haut synclinal perché d’Europe…L’histoire de l’occupation humaine remonte à environ 6.000 ans avec les premiers agriculteurs sédentaires. Des vestiges de cabanes ont été retrouvés au Pas de Lestang, un camp gaulois a été identifié sur la colline de Sissac et de riches villas gallo-romaine au cœur des meilleures terres agricoles dans la Plaine du Roubion et vers les collines du bassin de Vèbre.

C’est au cours du Moyen Age et de l’Ancien régime que le village que l’on connaît aujourd’hui se dessine petit à petit. Il se composait de trois quartiers : le village perché situé au pied et au sud du Roc, le Bourg de l’Oume et le Bourg des Eglises s’étendaient plus bas, de part et d’autre de Vèbre.

Saoû victime des guerres de religion et des bombardements de la seconde guerre mondiale garde aujourd’hui quelques témoignages de ce passé tumultueux.

La forêt

C’est pour la chasse que la forêt de Saoû attire les premiers hommes venus des environs, de 1050 à 750 av. JC, ils installent leur campement provisoire au passage de la Baume-Hannibal, près des Trois Becs.

Pour son bois ensuite, de 1400 à 1500 les paysans ne cessent de s’installer pour exploiter cette richesse naturelle allant déjà jusqu’à la surexploitation. Pour se cacher ou servir de refuge la forêt accueille aussi protestants, insurgés, maquisards.

En 1852 le ministre Crémieux, nouveau propriétaire de la forêt fait construire un château aux murs roses baptisé « VillaTibur ». Incendié et laissé à l’abandon , le château est rasé en 1971.

Par amour du site, en 1924 le riche député du Haut-Rhin Mauris Burrus qui devient propriétaire de toute la forêt après avoir racheté la part communale de Saoû et Francillon entreprend un important reboisement. Il fait construire le circuit touristique de 27 km sur le flan du synclinal et l’Auberge des Dauphins inspirée du Petit Trianon de Versailles.

Cette forêt qui a compté jusqu’à 130 saisonniers ou permanents habrite désormais deux écogardes chargés, entre autre, de renseigner les randonneurs. Aujourd’hui la forêt est la propriété du Conseil Général de la Drôme.

Pour en savoir plus : Association SAONIS, Maison des Associations, 26400 SAOU.

Saoû

Petit village blotti au pied du Roc et du plus haut synclinal perché d’Europe, il est connu pour sa forêt, où faunes et flores spécifiques des Alpes et de la Provence se côtoient. Toute l’année mais surtout à la belle saison, le tourisme tient une place importante dans l’économie locale.

Ce village dynamique, fort de ses 500 habitants, fait activement la promotion de ses ressources agricoles (Picodon), sylvicoles, artisanales, artistiques, culturelles et sportives.

Le village de Saoû est d’une grande curiosité avec ses anciennes hautes maisons et les grandes tours (l’Aiguille de la Tour) rocheuses à l’arrière plan.

LA FORÊT DE SAOÛ

 

 

Il y a 245 millions d'années, la Drôme se trouvait au centre de la Pangée, l'unique continent qui existait sur terre, avant qu'il ne se fragmente et ne dérive. Pluis des mouvements telluriques titanesques, aidés par le temps ont façonnés ce synclinal perché, monument géologique dont les roches sont datées de 94 à 88 millions d'années et au pied duquel s'est abrité le village de saoû

2500 hectares de hêtraies, orchidées des pelouses sur adrets ensoleillés, myrtilles tapissant les sols acides...la forêt de saoû surprend par son exceptionnelle diversité biologique, faunique et floristique. Guettez le chamois, l'aigle royal ou le circaète, la forêt abrite plus d'une centaine d'oiseaux nicheurs.

 

 

 

 

La forêt de Saoû, inscrite dans l'histoire des hommes, est riche de vies, d'anecdotes et de drames. Le murmure silencieux de l'esprit des anciens plane sur le site dont quelques vestiges préhistoriques témoignent.
Elle s'étend de Roche Colombe aux Trois Becs : de 800 à 1600 m d'altitude.

L'image la plus fréquemment employée pour décrire ce massif est celle d'un navire à la proue dressée et la poupe envasée. La coque protège l'intérieur et l'isole du reste du monde. On appelle ce phénomène un synclinal perché. Cette cohérence géologique est pourtant prétexte à des paysages tranchés.

L'orientation de ses versants présente les milieux naturels attachés au sud, la garrigue, l'intérieur déployant une hêtraie aux superbes arbres, bordée dans sa partie inférieure de charmes et de chênes sessiles. Aux endroits décalcifiés se trouvent quelques châtaigniers et dans la combe croissent des plantations d'essences parfois incongrues comme des cèdres majestueux ou des pins noirs, des aulnes de Corse... La forêt elle-même disparaît sur les trois becs où la pelouse d'altitude s'étend comme une nappe.

Cette diversité végétale s'accompagne d'insectes rares, comme des carabes dont certaines formes sont endémiques et d'une flore mycologique très riche... Le chamois aidé par l'homme, en a fait son royaume et il est difficile de ne pas l'apercevoir notamment lors de son rut en novembre, quand ses aboiements rauques et brefs retentissent dans les rochers. Des rapaces rares comme le faucon pélerin et l'aigle royal peuvent s'y rencontrer. Le pic noir lance son cri à travers la forêt et se fâche si vous essayez de l'imiter. La nuit les rêveurs et autres naturalistes arrêtent leur respiration pour tenter d'entendre la si précieuse chouette de tengmaln.

Extrait des Chroniques buissonnières
textes Marie Pierre CAFFIN
 

La Drôme est le premier département producteur de plantes aromatiques et médicinales. Lavande, thym, romarin, sarriette, origan ou sauge de la grande famille des labiées et autres bons plans.Ce ne sont pas moins de 2800 espèces qui sont ainsi recensées. La Drôme est un jardin de plantes extraordinaires ! 

 

 

Pour arriver au gîte du Pré bossu prendre D136 à droite 500M avant Saoû en venant de

Je vous ai parlé cet été du Festival Saoû chante Mozart qui a lieu chaque année dans la forêt de Saoû.  En plus de l’évènement exceptionnel,  le cadre de ce festival l’est tout autant !
La forêt fait partie d’un massif long de treize kilomètres sur trois kilomètres de largeur en moyenne. Il culmine à l’est dans la crête des Trois Becs, à 1589 m  d’altitude. On y accède facilement que part la trouée de la Vèbre, petite rivière qui, en amont du village de Saoû, en représente l’exutoire naturel.

Forêt de Saoû

Falaises du massif de la Forêt de Saoû - Une des douze affiches proposé par l'ADT de la Drôme

Le massif de la forêt de Saoû est souvent comparé à un gigantesque bateau dont la proue serait la montagne de Roche Colombe et la poupe, les Trois Becs. Cette endroit a toujours suscité l’intérêt, de la préhistoire à nos jours. La Direction de la Conservation Départementale du Patrimoine de la Drôme et du Service des Espaces Naturels Sensibles a décidé avec l’aide de nombreux partenaires et amoureux des lieux de retracer l’histoire des lieux à travers les âges dans un magnifique ouvrage : La forêt de Saoû et l’auberge des Dauphins

 

Ce livre est l’occasion de revenir sur ce véritable joyau du patrimoine naturel de la Drôme.

Les trois becs

Les Trois Becs en fond

En plus des nombreuses activités de nature possibles dans ce massif comme la randonnée ou l’escalade, je voulais aussi vous parler d’un aspect plutôt méconnu de la forêt de Saoû, en tout cas pour moi ! En effet, dans ce livre on apprend que dès le 19 e siècles, les différents habitants qui se sont succédés ont tantôt produit de la porcelaine, de la verrerie et même des billes !

Enfin une partie de l’ouvrage est consacrée à l’auberge des Dauphins construite au début du 20e siècles au coeur de la forêt de Saoû sous l’initiative du propriétaire des lieux de l’époque Monsieur Maurice Burrus. Cette maison avait pour vocation de proposer le gîte et le couvert aux randonneurs et touristes de passages. Construite dans le cadre d’un vaste projet de développement du tourisme vert dans le massif, l’auberge des Dauphins est une magnifique bâtisse qui suscite l’intérêt. Sa description et son histoire écrite dans le livre donne envie au lecteur de découvrir ou re-découvrir ces lieux.

Le Petit Trianon - Forêt de Saou - Vallée de la Drôme

Cette ouvrage est une bonne idée de cadeau à s’offrir en famille et présage de belles promenades pour marcher sur les traces de ses hommes et femmes qui ont à un moment de leur vie oeuvrés ou simplement contemplés un des emblèmes de la Drôme.

Mathieu

 

C’est en 1924 que Maurice Burrus, homme
d’affaires très fortuné et magnat du tabac,
décide d’acheter la forêt de Saoû à Charles
Émorine. Issu d’une famille de riches industriels,
Maurice Burrus est originaire de Sainte-Croix-
aux-Mines en Alsace (1882-1959). Il entreprend
des études à Dole, dans le Jura, puis au collège
Stanislas à Paris avant de partir pour Hanovre
s’initier à la pratique bancaire. Dès 1902,
Maurice Burrus devient investisseur dans le
monde du négoce (tabac, coton, café...) et prend
la direction des manufactures familiales de
tabac.
Amoureux des grands domaines forestiers, Maurice
Burrus a pour ambition d’ouvrir sa forêt à tous. Il plante de
nouvelles essences (pins noirs d’Autriche, cèdres de l’Atlas,
etc..) et réalise un circuit touristique en aménageant un che-
min de 28 km partiellement goudronné, jalonné d’aires de
pique-nique et d’équipements pour les promeneurs. Il
confie à Paul Boyer la construction d’une auberge, s’inspi-
rant du petit Trianon et de l’Orangerie à Versailles.
Paul Boyer, architecte à Romans-sur-Isère, travaille dès
1928 à la construction de l’auberge des Dauphins. Réalisé en
béton armé, le bâtiment mesure 38 m de long sur 9 m de
large. A l’intérieur, seul le grand salon a conservé ses décors
d’origine avec six petits salons encadrés de balustrades. Les
murs, plafonds et poteaux sont habillés de stucs blancs et
dorés. Dans les salles situées à l’étage ainsi que dans le hall,
de fausses boiseries ont été réalisées avec des motifs de
corbeilles de fruits et de fleurs. Les tapisse-
ries, dont il ne reste que quelques
échantillons, sont très colorées et représen-
tent des feuillages ou des fruits.
L’auberge obtient dès 1934 deux macarons
et trois fourchettes au guide Michelin.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, cette
demeure est malmenée et est peu à peu lais-
sée à l’abandon.
Aujourd’hui, l’auberge des Dauphins appa-
raît comme une construction insolite, une
«folie  » qui fait partie du patrimoine des
Saoûniens et des Drômois. Propriétaire depuis
2003, le Département de la Drôme a déjà conduit des tra-
vaux de conservation et de mise en valeur.
Aujourd’hui, le service des Espaces naturels sensibles et
la conservation du Patrimoine mènent ensemble des études
architecturales et historiques afin d’acquérir une meilleure
connaissance du site.
Une exposition
temporaire est organisée par le
Département de la Drôme pour célébrer le 50ème anniver-
saire de la mort de Maurice Burrus à l’occasion des Journées
européennes du patrimoine
les 19 et 20 septembre 2009
et
sera présentée aux abords de l’édifice le temps de réfléchir
à son devenir.
Daphné Michelas / Anne-Marie Clappier
Espaces naturels sensibles et Conservation du patrimoine,
services du Département de la Drôme
Journées Européennes du Patrimoine
Exposition Maurice Burrus, à la forêt en septembre

 

C’est Maurice BURRUS qui achète en 1924 la forêt de Saoû pour en faire son domaine de chasse. Il lance ensuite la construction de l’Auberge des Dauphins (inspirée du petit Trianon ) pour en faire un restaurant de luxe. Inaugurée en 1934 on y servait, dans les deux grandes salles décorées de faux marbres et de grands lustres,une cuisine de qualité. Ce restaurant fut classé deux étoiles par le guide Michelin de l’époque.

Bref, revenant en à notre rando! Le chemin commence doucement à monter au cœur du synclinal perché, vous laissant tout le temps d’admirer les sous bois. La pente devient ensuite de plus en plus raide. Après une jolie ascension le sentier débouche dans une clairière qui remonte doucement jusqu’au pas de la Siara. Les Trois Becs, le Veyou (1589 m),  le Signal (1559 m), Rochecourbe appelée localement la Pelle (1545 m)   se dressent sur votre gauche (nord). A droite (sud) , Roche Rousse (1432m) a aussi belle allure…

Et c’est parti! un, puis deux et enfin trois becs… chaque ascension est un véritable plaisir. Le sentier vous entraine le long des crêtes aériennes puis redescend vers le pas des Auberts et celui de la Motte avant de rejoindre sans difficulté le parking.

 

Dans une formation géologique remarquable de la Drôme, se niche un massif boisé naturel classé au titre du patrimoine naturel depuis 1942. C’est là que l’Alsacien Maurice Burrus avait investi dans les années 1920 pour s’offrir un petit coin de paradis.

La forêt de Saoû recouvre le synclinal perché du même nom, le plus haut d’Europe, qui s’est formé il y a des millions d’années (voir encadré ci-contre). Dès le néolithique, ce site remarquable a été habité par l’homme et sa situation quasiment fermée en a fait un refuge lors des temps troublés.

C’est en 1923 que Maurice Burrus, le magnat alsacien de Sainte-Croix-aux-Mines et député du Haut-Rhin, apprend la mise en vente de cet ancien domaine royal de quelque 2 300 hectares, par une annonce immobilière du Figaro.

Lui cherche un endroit où se constituer une chasse, craignant de voir appliquer à l’Alsace la loi française banalisant les chasses. Or, la forêt de Saoû est giboyeuse. Sangliers, chevreuils, lièvres, perdreaux, bécassines et coqs de bruyère y cohabitent. De plus, la propriété est naturellement fermée par les murailles rocheuses du synclinal, qui s’élèvent de 500 à 1500 m tout autour de la vallée. Et deux entrées étroites seulement permettent d’accéder au site, ce qui renforce encore son caractère privatif.

Maurice Burrus achète le site pour 1,39 millions de francs en 1924. La forêt a été fortement déboisée par une surexploitation. L’industriel alsacien introduit de nouvelles essences pour reboiser, dont des espèces exotiques ; cèdres de l’Atlas, pin douglas, mélèzes, sapins méditerranéens sont ainsi plantés.

Le député alsacien a des ambitions touristiques pour son nouveau domaine. Il y fait construire une route carrossable touristique de 28 km de long, du côté est de la forêt. Il éparpille des aires de pique-nique avec tables et bancs en béton armé à proximité de points d’eau. Il construit aussi des refuges et des abris et finance l’électrification de la vallée et des communes voisines de Saoû et Francillon, contre la cession de parcelles communales contiguës à sa propriété.

Il crée une école mixte pour accueillir les enfants des ouvriers de ses chantiers, mais aussi ceux des habitants et des travailleurs saisonniers du domaine. L’école accueillera jusqu’à 18 enfants. Il fait également construire une auberge-relais de luxe, inspiré du petit Trianon et de l’Orangerie à Versailles. Un endroit propice pour accueillir des touristes en quête de confort et de luxe.

Mais l’auberge sert aussi de cadre pour des soirées fastueuses, grâce à ses salles de réception et de banquet. L’édifice est officiellement inauguré en 1930 et son restaurant est distingué par deux étoiles dans le guide Michelin.

Mais le conflit de 39-45 va signer le déclin de l’auberge des Dauphins. Le bâtiment se dégrade peu à peu et Maurice Burrus, passionné par les fouilles entreprises à Vaison-la-Romaine, se désintéresse du site. À sa mort en 1959, le domaine est vendu et change de main à plusieurs reprises, avant d’être racheté en 2003 par le Département de la Drôme qui veut préserver ce patrimoine exceptionnel.

Le conseil général entreprend la remise en état des bâtiments subsistant sur le site, dont l’ancienne auberge, et fait de la forêt de Saoû un espace naturel protégé. Des gardes à cheval en assurent la surveillance et des sentiers ont été balisés, permettant de faire le tour du synclinal et de gravir ses pentes pour accéder aux différents sommets. Aujourd’hui, le site est un but de promenade très fréquenté par les familles des communes avoisinantes.


 

Maurice Burrus
Fonctions
Parlementaire français
Député 1932-1940
Gouvernement IIIe république
Groupe politique IDG (1932-1936
IAP (1936-1940)
Biographie
Date de naissance 8 mars 1882 à Sainte-Croix-aux-Mines dans le Haut-Rhin
Date de décès 5 décembre 1959
Résidence Haut-Rhin

Maurice Burrus, né le 8 mars 1882 à Dambach-la-Ville, mort le 5 décembre 1959 à Genève, est un homme politique français, entrepreneur, philatéliste et mécène d'origine suisse.

Biographie

Maurice Burrus appartenait à une famille d'industriels de tabacs et cigarettes de Sainte-Croix-aux-Mines installée en Alsace sous domination allemande. Cette famille s'était expatriée en Suisse au début du XIXe siècle à Boncourt, dans l'actuel canton du Jura, en raison des décrets napoléoniens étendant le monopole de l'État français sur la fabrication des tabacs. Maurice Burrus fit ses études à Dôle, puis au collège Stanislas à Paris. Bachelier, il partit pour Hanovre en vue de s'initier à la langue allemande et à la pratique bancaire. Revenu à Sainte Croix-aux-Mines, il prit la direction de la Manufacture des tabacs familiale. Il fit également des voyages en Asie mineure, au Canada et aux États-Unis. Maurice Burrus fait fortune. Il subventionne de nombreuses associations en Alsace. Il construit de grandes résidences en France ou à l'étranger. Il achète la fameuse forêt de Saoû dans la Drôme et y fit construire une immense demeure ainsi que la réplique du Petit Trianon de Versailles. Mais Maurice Burrus est surtout passionné d'archéologie. Il effectue de nombreux voyages en Grèce et en Asie mineure sur les traces de l'École française d'Athènes et du grand archéologue allemand, Heinrich Schliemann, découvreur de la ville de Troie à la fin du XIXe siècle.

La villa de Sainte Croix-aux-Mines où il résidait avec ses parents est réquisitionnée par l'État-major allemand. Les Burrus étaient tenus de fournir du tabac et le couvert aux troupes allemandes, ce qu'il refusa. Il est condamné dans un premier temps à un jour de prison.

Villa Burrus à Sainte Croix-aux-Mines.
Tombe de la famille Burrus à Sainte Croix-aux-Mines.
Château Burrus à Hombourg

Maurice Burrus vécut de manière dramatique l'attachement de l'Alsace à l'Allemagne. En 1918 il est appelé sous les drapeaux, mais il va s'installer en Suisse, pays d'origine de sa famille. Alors que dès le début de la guerre, il recherche les blessés français à travers les lignes allemandes, il est arrêté par les Allemands qui menacent de le fusiller. Il est sauvé grâce à un douanier. Tous ses biens sont réquisitionnés et liquidés. Après la fin de la guerre, il est décoré de la Croix de guerre et de la médaille de la fidélité. En outre il reçoit la médaille des Proscrits d'Alsace qu'il présidait.
Cette association forte de 4 500 membres regroupait presque tous ceux qui ont manifesté des sentiments anti-allemand. Maurice Burrus au sortir de la grande guerre va œuvrer à partir de 1936 grâce à son mandat de député radical du Haut-Rhin à la reconstruction de la défense et de l'unité de la nation.

Mais la seconde Guerre mondiale le rattrape très vite. Il est expulsé de Sainte Croix-aux-Mines et sa villa est transformée en école d'administration pour officiers invalides de guerre. Au sortir de cette école, les officiers reconvertis peuvent devenir de hauts fonctionnaires du Reich. Maurice Burrus qui est de nouveau obligé de fuir, trouve refuge chez son frère, Fernand Burrus, à Lyon qui lui procure une voiture pour une fuite discrète vers les Pyrénées où il possède une propriété.

Par la suite il s'installe à Vaison-la-Romaine (Vaucluse) ville qu'il connaissait très bien depuis les années trente, grâce aux recherches archéologiques. Après la guerre, il est soupçonné de collaboration avec l'ennemi, ce qui lui vaut son inéligibilité en 1946. En fait les soupçons qui lui sont reprochés reposent principalement sur le fait qu'il a voté la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 donnant les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Tous les députés ayant voté cette même loi furent condamnés à la même peine. L'ami de Maurice Burrus, le maire de Vaison-la Romaine, Ulysse Fabre connaîtra la même déconvenue à la Libération.

Ces rumeurs de collaboration affectèrent profondément Maurice Burrus qui se retira à Genève où il s'éteignit en 1959. Les obsèques eurent lieu à Sainte Croix-aux-Mines en présence de nombreuses personnalités politiques de France et de l'étranger. Vingt-et-un ans après la fin de la seconde Guerre mondiale, en 1966, une importante cérémonie consacrée à la mémoire de Maurice Burrus et de l'abbé Joseph Sautel s'est déroulée au cœur de l'antique théâtre de Vaison-la-Romaine, en présence du préfet de Vaucluse, Pierre Hosteing, le sous-préfet de Carpentras et de nombreuses autres personnalités religieuses et civiles. Cette présence sonnait comme une réhabilitation de la mémoire de Maurice Burrus et la reconnaissance de l'État français pour son œuvre.

Burrus constitua également une importante collection de timbres-poste rares, dont le catalogue de vente dans les années 1960 est considéré comme un ouvrage de référence. Il fut un des premiers membres de l'Académie de philatélie, de décembre 1928 à sa mort1. En 1955, il est invité à signer le Roll of Distinguished Philatelists2. En 1968, la poste du Liechtenstein lui accorde un timbre dans une série sur les grands philatélistes3.

Maurice Burrus fut aussi un industriel du tabac (F.J. Burrus) . Il fonda en 1923 l'ESCA, une société de bons de capitalisation et d'assurances vie. F.J. Burrus fut vendu en 1996 au groupe hollandais Rothmans International tandis que l'ESCA est toujours sous le contrôle de la famille Burrus.

 

Ainsi l'histoire de la Forêt de Saou, ou séjourna Maurice Burru riche industriel

Belle journée à vous. Amicalement