Nestlé et le business de l'eau en bouteille

vendredi 26 août à 9h25 (89 min)

Déjà diffusé mardi 16.08 à 23h30

Comment transformer de l'eau en or ? Une entreprise détient la recette : Nestlé, multinationale basée en Suisse, leader mondial de l'agroalimentaire, grâce notamment au commerce de l'eau en bouteille, dont elle possède plus de 70 marques partout dans le monde. Une enquête édifiante.

Afficher l'image d'origine

Comment transformer de l'eau en or ? Une entreprise détient la recette : Nestlé, multinationale basée en Suisse, leader mondial de l'agroalimentaire, grâce notamment au commerce de l'eau en bouteille, dont elle possède plus de soixante-dix marques partout dans le monde (Perrier, San Pellegrino, Vittel ou Poland Spring aux États-Unis). Pour le président du conseil d'administration, Peter Brabeck, l'eau, fer de lance d'une stratégie planétaire, peut " garantir encore cent quarante ans de vie" à l'entreprise. Malgré le refus de répondre de la direction de Nestlé, Res Gehriger et Urs Schnell dévoilent les coulisses de ce marché qui brasse des milliards. Des États-Unis au Nigeria en passant par le Pakistan, ils explorent les circuits de l'eau en bouteille, mettant en lumière les méthodes parfois expéditives du plus puissant groupe agroalimentaire de la planète. Ils montrent qu'elles reposent sur une question cruciale, objet dans nombre de pays d'un vide juridique dont les avocats et lobbyistes de la firme savent tirer profit : à qui appartient l'eau ?

Bien public, gains privés

À Fryeburg, dans le Maine, un tribunal a autorisé Nestlé à ouvrir une deuxième station de pompage, alors que les habitants s'étaient mobilisés pour tenter d'empêcher ce qu'ils considèrent comme un pillage de leurs ressources collectives. Dans la première, installée sur un terrain privé, la multinationale paie dix dollars au propriétaire pour 30 000 litres d'eau... Mais si, aux États-Unis, le groupe s'efforce de se concilier les populations en se montrant "bon voisin" (quitte à leur offrir en bouteilles l'eau qui coule de leurs robinets !), il ne prend pas les mêmes gants avec les villageois démunis du Pakistan. Ceux qui, dans la région de Lahore, ont demandé par pétition à pouvoir bénéficier de l'eau pompée sur leur nappe phréatique par l'usine Pure Life, filiale de Nestlé, n'ont pas eu de réponse.* Dans le sillage de Res Gehriger, présent à l'écran, cette enquête minutieuse aux images soignées donne la parole à de très nombreux protagonistes sur trois continents, usagers ou militants, adversaires et partisans de Nestlé. Peter Brabeck lui-même y défend avec vigueur son point de vue (éloquent, comme quand il qualifie d'"extrémiste" l'idée que l'eau doit rester un bien public), par le biais de ses nombreuses interventions publiques.

* Entretemps Nestlé a fait réaliser un puits d'eau potable pour les habitants de Bhati Dilwan. L'accès à cette eau est gratuit pour les villageois.

http://www.arte.tv/guide/fr/041127-000-A/nestle-et-le-business-de-l-eau-en-bouteille

 

Que se passera-t-il lorsque les ressources en eau se feront vraiment rares ? Il est encore possible pour nous, chanceux occidentaux, de prendre cette réflexion avec une naïve désinvolture. La palme du cynisme, elle, échoit à un fin connaisseur de cette problématique, Peter Brabeck. Il s’agit du président du CA de Nestlé, le plus grand groupe agro-alimentaire mondial, possédant aujourd’hui 70 marques d’eau en bouteille, secteur engendrant le plus de bénéfices pour le groupe suisse. L’eau pourrait bien selon lui, « garantir encore cent quarante ans de vie » à l’entreprise lancée dans une stratégie mondiale de monopolisation d’une des ressources les plus élémentaires de l’humanité.

Arte diffusera ce soir un documentaire édifiant sur la stratégie de Nestlé pour s’accaparer le monopole du commerce de l’or bleu.

Nestlé, la main mise sur le marché de l’eau en bouteille :

Depuis 1992 et le rachat du groupe Perrier, Nestlé a connu une croissance exponentielle sur le marché de l’eau en bouteille, jusqu’à devenir le numéro un mondial.

Rien que pour la France, la marque suisse et sa branche Nestlé Waters dispose d’une couverture commerciale énorme. Pour preuve, parmi ces noms familiers des consommateurs français, le nombre d’occurrences appartenant à la marque : Quézac, Contrex, Perrier, Hépar, Plancoët, Sainte Alix, Saint Lambert, Vittel, Carola, Aquarel et Nestlé Pure Life.

Une pub pour le fleuron de la marque, Nestlé Pure Life, ici au Pakistan...

La stratégie du chasseur d’or bleu Nestlé :

Exemple de la méthode Nestlé : aux Etats-Unis, c’est avec Poland Spring que Nestlé inonde le marché. Dans le Maine, sur les exploitations privées exploitées par la firme, 10 $ sont versés aux propriétaires pour 30 000 litres d’eau pompées. Quand la bouteille de 50cl peut être vendue jusqu’à 2 $ au consommateur, pas étonnant avec de telles méthodes que les résultats financiers de l’entreprise de Vevey soient en hausse constante… 7,2 milliards d’euros en 2010 seulement pour la filière Nestlé Waters.

Ainsi, ce documentaire permettra d’y voir plus clair sur les méthodes aggressives de Nestlé pour s’approprier le monopole du commerce de l’eau à l’échelle planétaire. Tout part de cette question : à qui appartient l’eau ? Nestlé profite du vide juridique entourant cette interrogation, arguant que l’eau est un bien consommable comme un autre, et donc commercialisable.

Aux Etats-Unis toujours, la stratégie marketing de Nestlé consiste à décrédibiliser l’eau du robinet pour placer ses produits, qui peuvent être livrés à domicile, plus écologiques (malgré l’acheminement, entre autres), et plus surs pour la santé (à condition d’en boire beaucoup, bien sur).

Le problème tient bien à la méthode, Nestlé débourse des sommes considérables pour exploiter son filon : acheter des terrains ou payer les propriétaires pour pouvoir installer ses infrastructures de pompage. Exemples on ne peut plus marquant au Pakistan, près de Lahore où l’entreprise a installé une usine Pure Life et fait baisser le niveau d’une nappe phréatique locale de 90 mètres en dix ans, exportant ses produits jusqu’en Afghanistan alors que les populations locales n’y ont pas accès. Dans les pays du Tiers-Monde, Nestlé est présent également, exploitant l’eau des nappes phréatiques pour en faire un commerce juteux, destiné uniquement aux classes aisées…

http://www.consommerdurable.com/2012/09/business-eau-bouteille-nestle-purelife-monopole-ressource-naturelle/

Et vous, l eau à la source ou en bouteille ? Que buvez vous ? Merci de vos réponses Amicalement